HOMMAGE & HISTOIRE :

"La marque Charles Faÿ est bien connue des élégantes parisiennes depuis le XIXe siècle en raison du succès de son produit miracle : la poudre de riz Veloutine, qui resta longtemps la référence célèbre de la maison." '(tiré de "L'Un des Sens . Le Parfum au XXe siècle" Elizabeth de Feydeau et Marie-Christine Grasse. Ed. Milan).

Charles Faÿ, s'établit en 1850 à Paris comme parfumeur et reprend dès1856 la maison Moreau, fondée à Paris en 1781. Dès lors également "Fabricant de Rouge végétal et de Blanc de perles", il ne va avoir de cesse de perfectionner ses fards pour le théâtre et de les adapter pour la ville. Comme il l'explique dans son Traité sur les Fards édité en 1861, "Seule notre maison a persévéré dans la voie que son fondateur avait tracé; c'est grâce à ce système inauguré il y a près d'un siècle qu'elle doit sa réputation et a mérité la confiance dont sa marque jouit près du monde théâtral, dans toutes les localités, en dépit de tous les moyens de concurrence employés pour lui nuire". La qualité des fards est telle que la maison Charles Faÿ devient vite l'un des trois principaux fabriquants avec Bourjois et Dorin.

"Si les fabricants de blanc m'en croyaient, ils laisseraient le plâtre aux maçons et le blanc de zinc aux peintres en bâtiments". Charles Faÿ ne se préoccupait pas du prix des composants, pourvu qu' l'on retrouve la beauté nacrée et irisée de la perle, l'extraordinaire finesse des textures et aussi l'adhérence de ses fards. L'élaboration de cette savante et précise alchimie ne souffrait aucun partage : "Seul et moi même je prépare tous mes fards."













Le succès est bien vite au rendez-vous. L'essor est considérable. Charles Faÿ s'installe en 1866 au 9, rue de la Paix, et y réunit toute ses activités de parfums, cosmétiques, et articles de toilettes. Lors de l'Exposition universelle de 1889, la maison Ch. Faÿ reçoit la plus haute récompense accordée par le jury aux poudres de toilettes. La présence de la marque est déjà internationale.

Mais Charles Faÿ décède 4 ans plus tard. Fait suffisamment rare à cette époque, sa veuve et ses deux filles vont alors véritablement reprendre l'entreprise de 1893 jusqu'en 1905, se partageant à la fois la gestion des affaires, la création des produits et la signature sociale. La marque obtiendra la médaille d'or à l'Exposition Universelle de 1900 sous la houlette de ces exceptionnelles trois muses qui sauront associer de grands noms de l'art nouveau à leurs créations.

Hommage à ce triumvirat, la Maison Charles Faÿ créera par la suite avant la Première Guerre mondiale un coffret réunissant trois parfums phares. L'ensemble "Les Trois Muses" d'inspiration antique se composait ainsi de trois flacons contenant chacun "Secret de Faÿ", "Shéhérazade" et "Charme de Femme".

Symbole de la haute parfumerie à la française, La Maison Ch. Faÿ travaillera à la Belle Epoque avec les meilleurs imprimeurs du luxe comme Testu et Massin, Draeger, les illustrateurs de l'Art Nouveau comme Sicard ou Mucha. (Femmes de papier. Une histoire du geste parfumé).

Cette image idéale de la grâce et de la beauté antique si chère à la maison Ch. Faÿ sera portée aux nues par cet Art Nouveau magnifiant et vénérant la femme, qui "l'élève au rang d'inspiratrice et de muse". Revivifiée dans l'entre-deux guerre par les réalisations des plus grands verriers, comme cette "Danse" réalisée par Julien Viard en 1920, et la fabrication des flacons aux célèbres Cristalleries de Nancy ou de Baccarat, la maison Charles Faÿ saura puiser dans le monde végétal cette grâce en offrant au sillage des élégantes leurs plus beaux accents.


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